Vous entrez ici dans la partie du site dédiée à ce que j'appelle « Les Carnets d'Æntre-MondeS ». Certains sont terminés dès leur publication, tandis que d'autres sont amenés à être mis à jour ponctuellement. Vous serez informés des nouvelles publications et des mises à jour via les réseaux sociaux et la newsletter.
25/10/2026
Ce Carnet est une invitation à découvrir Æntre-MondeS, à travers quelques-uns des chemins qui le composent. Chacun d'eux pourra, au fil des œuvres, des expériences et des réflexions, faire l'objet d'un Carnet qui lui sera propre.
Sommaire :
| Invitation : De la naissance d’une image à la création d’un univers…
Il est de ces lieux qui se calquent sur une réalité communément admise et normative pour la transcender, pour lui donner une autre forme, une autre perception, ni moins existante ni moins vraie ou moins juste. Simplement plus personnelle.
Il est de ces lieux qui naissent dans un réseau mycélial de neurones puis se transmettent à d’autres pour trouver à la fois une voie puis une voix, pour s’enrichir et se métamorphoser par l’action de l’expérience propre à chacun et chacune.
Il est de ces lieux qui naissent d’un coup de crayon hasardeux, indéterminé, sans autre but que la nécessité impulsive de laisser sortir l’expression d’une mixture hormonale faisant suite à une énième lecture de la folie causée par les Shoggoths et de cette ambiance glaciale et solitaire de bout du monde.
Il est de ces lieux vaporeux qui s’invitent et se lovent, qui saisissent ou enveloppent pour détourner du chemin commun.
L’Æntre-MondeS est un peu de tout cela.
| 1er chemin -> La graphie de l’Æntre-MondeS :
La sémantique même de ce terme rassemble toutes ces sensations car il est un entremêlement d’ « Entre-Mondes », un seuil, un passage entre ce que la plupart perçoivent et les autres mondes et dimensions, hypothétiques pour certains, hérétiques ou absurdes pour d’autres, bien réels enfin pour quelques poignées qui les subissent ou acceptent de voir outre les limites inculquées. Il est également composé d’ « Antre-Monde », son homophone, qui a pour sens ici celui de refuge, de tanière. Un lieu propre pour chaque voyageur et voyageuse. Un lieu intime sans jugement, un chemin vers soi, un miroir.
En les fusionnant et afin de garder la notion de ces deux expressions, j’ai choisi d’employer le « Æ » et de mettre le « s » en majuscule lorsqu’il est dactylographié. Lorsque je le calligraphie personnellement de ma main sur un support physique, son apparence correspond naturellement plus à ma volonté, à ma vision. Le « e » et le « S » finaux fusionnent alors pour former une graphie stylisée transportant vers un passage, vers un autre monde. Il prend forme d’une hétérotopie vers notre réalité, notre hétérotopie. Celle dans laquelle nous nous trouvons, sans le savoir… peut-être.

| 2d chemin -> La naissance d’un univers :
Pour ma part, ce voyage a pris ce chemin alors que je ressentais le besoin de dessiner, sans réel but, sans idée de ce que je voulais poser sur le papier. Juste une expression intérieure, en grande partie inconsciente. C’est ainsi qu’après une énième lecture des Montagnes hallucinées de Howard Phillips Lovecraft, est né ce paysage étrange dont le nom s’est lui aussi présenté à mon esprit, comme soufflé par une part de mon inconscient.
J’ai le sentiment, encore aujourd’hui quand je le regarde et me laisse perdre dans ses glaces et formations abstraites et presque horrifiques, que je n’ai eu que très peu de poids dans les décisions qui ont guidé mes crayons et ma gomme.
C’est un moment très singulier et curieux que celui où j’ai le sentiment d’être à la fois dans le monde matériel partagé par nous toutes et tous et en même temps dans un monde conjoint, en suspension. Une sensation d’ubiquité sur deux plans, sans tension, sans contradiction, juste un ici et maintenant concomitant avec un ailleurs et maintenant sans que l’un ne prenne vraiment le pas sur l’autre.
| 3ème chemin -> La notion de soins :
Cela rejoint justement l’idée des lieux refuges parfois employés dans les thérapies comme l’hypnose, l’EMDR, le Brainspotting,… Nous sommes tout à fait présents dans le cabinet du thérapeute mais en même temps nous voyageons à travers nos traumas, nos difficultés et si la nécessité s’en fait ressentir, nous pouvons nous réfugier dans un lieu totalement imaginé par nous ou plus réel tant qu’il est rassurant, apaisant.
La sensation peut être un peu (beaucoup…) perturbante pendant la séance, en particulier pour le brainspotting car cette pratique permet d’atteindre des émotions ou des ressentis sans contours définis, sans images vraiment claires. C’est un peu comme être dans un espace complètement noir avec quelque chose de sans-forme qui va s’effacer, par exemple avec une gomme. Alors oui, je sais, dis comme ça, sans avoir vécu cette expérience, ça peut sembler complètement capilotracté si ce n’est complètement psyché. Sauf que non, aucune exagération, aucune substance, juste nous, le ou la thérapeute ainsi qu’un casque avec une ambiance sonore binaurale (allant de gauche à droite et vice et versa (désolé pour celles et ceux qui ont maintenant la chanson des Tranxen 2000 des Inconnus 🙃)) agissant comme une gomme, un pinceau ou un chiffon qui recouvre et efface cette mauvaise expérience.
J’ai souvenir d’une séance dont je suis sorti avec l’impression vraiment très, très, très étrange de flotter. Je ne sentais pas le sol sous mes propres pieds alors non, absolument aucuns psychotropes n’a été consommé à un moment donné plus ou moins proche ou éloigné, légal ou illégal, juste une séance qui a bouleversé ma perception de la réalité au point de m’en souvenir encore aujourd’hui, bien des années plus tard. Cependant, je me souviens tout autant du reste de la journée et de la soirée qui ont immédiatement suivi et où la notion d’effet élastique prenait tout son sens. Je suis passé d’un état de bien être, de détachement vraiment extrême à un état d’angoisse tout aussi extrême. Puis progressivement, un équilibre s’est mis en place et les conséquences du trauma concerné et qui portait une certaine ampleur avaient disparues. Le vécu était toujours là, il n’est pas question d’oublier ce qu’il s’est passé, juste de ne plus en souffrir, de ne plus le subir, de ne plus accepter qu’il s’ancre en nous et nous possède.
Mais ce qui me manquait lors de la phase très perturbante qui oscillait entre forces centrifuge et centripète autour du « Moi » et du reste du puzzle, c’était un ancrage, une présence. La capacité à m’accrocher à quelque chose ou que quelque chose m’enveloppe pour me lester l’esprit. Mais j’étais juste incapable à ce moment, par manque de moyens psychiques et physiques, de comprendre et d’accepter ce qu’il se passait. J’étais dans un lieu, chez moi, mais sans être vraiment là. C’est en reprenant petit à petit part en moi que je me suis rendu compte que les lieux pouvaient aussi être des présences réconfortantes pour peu qu’on leur donne la place dont nous avons besoin. Des ancrages, des refuges, des présences par l’apaisement et la contemplation.
| 4ème chemin -> Les présences :
J’aime à penser que les lieux et les phénomènes naturels sont empreints de leur volonté propre. Une forêt, une fleur, un ruisseau, un nuage ou une brume. Dans l’Æntre-MondeS, je nomme ces entités des Présences. Ce sont la brume de Misty Whisper qui enveloppe, le MoonKeeper qui est amené à changer de forme tel un nuage, Ego Templum ou une auto-contemplation qui s’est enracinée, SoulWood à la fois formé par les méandres de l’âme et l’arbre qui cache la forêt, Résurgence d’où renaît et s’écoule à nouveau l’essence de ces Univers, …
Au-delà des exutoires, des réflexions, des apaisements, ces matérialisations de mon esprit ont comme une volonté propre guidée par l’esprit de celui ou celle qui le parcourt tout en le guidant à son tour. Puis vient le moment où se fait ressentir le besoin d’une bascule, d’une autre vision.
| 5ème chemin -> Les Antichtones :
Une vision inversée. L’autre côté. Il ne s’agit pas nécessairement d’un miroir, mais d’un opposé direct interrogeant sur les valeurs au sens large. En travaillant sur GimP les clichés que j’ai pris avec mon reflex, je me suis amusé à les modifier de différentes façons et à redécouvrir mes dessins pour arriver rapidement sur les inversions de valeurs. Tout d’abord peu concluantes, j’ai retravaillé ces nouvelles visions pour arriver vers quelques choses de plus parlant et surtout cohérent qui m’a beaucoup plu. Est alors arrivé la question d’un nom au-delà de la pertinence. D’abord « variations inversées » qui était aussi fade que scolaire, je continuais à ressentir une non-corrélation, une insuffisance. J’ai alors cherché à trouver un terme désignant un monde opposé ou inversé et je suis rapidement arrivé à ce qui me semblait d’une évidence absolue :
« Antichtone »
Dans la culture grecque, il y avait justement ce concept opposé à notre monde et ils le nommaient ainsi, Antichtone. Littéralement la Terre opposée.
Moi qui suis très attaché à l’importance de l’origine de tous ce qui peut nous entourer en particulier des mots et donc à leur étymologie, je venais de trouver ce qui manquait à mon univers. Une lecture différente sans être forcément un miroir, juste un chemin vu dans un autre « sens ».
| 6ème chemin -> La complémentarité des sens :
Ce que j’aime beaucoup dans les expériences que la vie met sur nos chemins, c’est lorsque certains sens se trouvent stimulés simultanément par un petit déclencheur. D’une certaine façon, c’est le principe de la madeleine de Proust. L’expérience de la synesthésie apporte à la fois une complémentarité des sens mais également une approche polysémique d’un évènement, d’un son, d’une image apportant une dimension au-delà de la conscience directe. C’est une expérience vécue comme réel en étant pourtant purement imaginée. C’est pourquoi j’apprécie associer le visuel de mes œuvres à leur titre. Cet assemblage peut faire appel à la mémoire de chacun et permettre ainsi à la fois une main qui guide le spectateur tout en lui laissant la liberté d’errance pour entrer en résonance avec ce qu’il regarde.
| 7ème chemin -> Résonance et complétude :
Lors de mes compositions puis de mes développements, c’est ainsi que je sens où aller et quand arrêter. C’est ce point que j’appelle résonance qui me guide vers une sensation de complétude de l’instant. Lorsque les sens physiologiques et l’intuition jouent de concert avec le ressenti pour orienter la main et aboutir à une expression de l’abstraction interne vers quelque chose de palpable ou d’assimilable et par là-même, devient une extériorisation communicative, apportant une compréhension de ce qui nous traverse et si on le souhaite, devenir un partage pour s’évader ensemble ou seul.
| 8ème chemin -> Des lieux pour s’évader vers nous :
Æntre-MondeS est de ces univers pour se recharger par l’évasion, pour trouver un refuge, un second souffle mais aussi pour se retourner vers nous-même, s’interroger ou juste se laisser porter et oublier, l’espace d’un instant. Se décharger émotionnellement, décharger les tensions, s’accorder un répit et grâce à une simple image, gagner un peu d’énergie, de force pour pouvoir affronter nos contraintes. Il ne s’agit pas d’une solution miracle mais d’une approche pour recharger les batteries et poursuivre son chemin.
| 9ème chemin -> D’un Æntre-MondeS à l’autre… :
Aucun chemin ne se termine vraiment, parfois il suffit de se retourner et de découvrir celui que nous venons de parcourir sous un autre regard. C’est parfois même vertigineux. Et si notre propre regard peut se confronter à ses propres perceptions, qu’en est-il des perceptions d’autrui ?
Aucun chemin ne se termine vraiment. Enrichi par l’approche des autres, il peut se révéler comme inédit.
Aucun chemin ne se termine vraiment. Les lumières et les ombres, les odeurs et les sons, une sensation sur les bras, le visage qui n’étaient pas là à l’aller ou devient absente et perturbe, comme l’absence d’un repère.
Aucun chemin ne se termine vraiment car chaque chemin emmène vers un autre monde si nous le laissons venir à nous pour s’y aventurer.
L’Æntre-MondeS est un début à tout cela…
Æntre-MondeS :
Une réflexion sur les chemins qui m’ont conduit à ce projet, son évolution, ce qu’il représente aujourd’hui et les directions qu’il pourrait prendre.
Du croquis aux œuvres finies et aux tirages Fine Art :
Un carnet consacré au travail qui mène du croquis à l’œuvre achevée puis au tirage Fine Art : étapes, essais, difficultés rencontrées et solutions trouvées.
Hétérotopies : des lieux autres dans le réel
Une réflexion sur ces espaces réels qui semblent pourtant fonctionner selon d’autres règles, entre marge, passage, retrait et basculement.
Étrangeté et perception du réel :
Sur la manière dont le fantastique, le surréel ou le décalage peuvent rendre visibles certaines failles du monde ordinaire.
Paysages intérieurs :
Autour des lieux réels, imaginés ou recomposés qui deviennent les supports d’une sensation, d’une mémoire ou d’un état intérieur.
Et bien d'autres...